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Nihil addendum
par al.jes

La Philosophie de la Liberté

Il y a quelques temps, je me suis mis en tête de publier ici la transcription d’une vidéo par ailleurs fort laide — d’où mon refus de publier la vidéo elle-même — intitulée Philosophie de la Liberté et Libre Arbitre. Cependant, la vidéo indiquait en sa fin être publiée sous licence Creative commons By-ND-NC, ce qui signifie que je ne pouvais, selon le droit d’auteur, effectuer ma transcription (la clause ND interdit toute œuvre dérivée). Ni une, ni deux, je cherche l’adresse de courriel de l’auteur pour lui demander l’autorisation de faire cette transcription.
Ken Schoolland — c’est l’auteur en question — me répond rapidement et m’apprend que la vidéo est issue de l’épilogue de son livre, The Adventures of Jonathan Gullible, livre dont il me fournit un exemplaire numérique traduit en français et épilogue dont il me donne l’autorisation de le reproduire. Je me suis donc mis au devoir de lire l’ouvrage avant d’en reproduire l’épilogue. Voilà qui est fait.

À mi-chemin entre Gulliver, Bastiat et le Petit prince, Ken nous livre là un récit plein d’innocence, de bon sens et d’humour, en quête de cette chère Dame Liberté. Achetez-le 1, lisez-le, et placez-le entre toutes les mains, des plus jeunes aux plus agées, tant cet ouvrage nous amène un vent frais et salutaire en notre monde si tristement dirigiste… Bref, voici l’épilogue tant attendu.


Ma philosophie est basée sur le principe du libre arbitre. Votre vie vous appartient. Le dénier implique qu’une autre personne a plus de droits sur votre vie que vous-même. Aucune autre personne, ou groupe de personnes, ne possède votre vie, de même que vous ne possédez pas les vies des autres.

Vous existez dans le temps : futur, présent et passé. C’est évident dans la vie, la liberté et le produit de votre vie et de votre liberté. Exercer des choix sur la vie et la liberté fait votre prospérité. Perdre votre vie, c’est perdre votre futur. Perdre votre liberté, c’est perdre votre présent. Et perdre le produit de votre vie et de votre liberté, c’est perdre la portion de votre passé qui les ont produits.

L’un des produits de votre vie et votre liberté est votre propriété. La propriété est le fruit de votre travail, le produit de votre temps, de votre énergie et de vos talents. C’est cette partie de la nature que vous mettez à profit. Et c’est la propriété d’autres personnes qui vous est donnée par échange volontaire et consentement mutuel. Deux personnes qui échangent des biens de leur propre volonté en tirent toutes deux un avantage, sinon elles ne le feraient pas. Il n’y a que ces personnes qui puissent prendre cette décision pour elles-mêmes.

Il arrive que certaines personnes utilisent la force ou la tromperie pour prendre aux autres sans leur consentement délibéré et volontaire. Naturellement, l’utilisation de la force pour ôter la vie, c’ est un meurtre, pour supprimer la liberté, c’est de l’esclavage, et pour prendre la propriété c’est du vol. Cela revient au même si ces actions sont commises par une personne agissant seule, par beaucoup agissant contre quelques- uns, ou même par des fonctionnaires avec de beaux couvre-chefs ou de beaux titres.

Vous avez le droit de protéger votre propre vie, votre liberté et le bien que vous avez honnêtement acquis contre l’agression violente des autres. Et vous pouvez demander aux autres de vous aider à vous défendre. Mais vous n’avez pas le droit d’utiliser la force contre la vie, la liberté ou la propriété des autres. Vous n’avez donc pas le droit de désigner une personne pour employer la force contre d’autres pour votre compte.

Vous avez le droit de rechercher des chefs pour vous même, mais vous n’avez pas le droit d’imposer des souverains aux autres. Quelle que soit la manière dont les fonctionnaires sont choisis, ce ne sont que des êtres humains et ils n’ont ni droits ni titres d’un ordre plus élevé que ceux de n’importe quel autre être humain. Quelles que soient les étiquettes imaginatives dont ils parent leur conduite ou le nombre de gens qui les encouragent, les fonctionnaires n’ont aucun droit de tuer, d’asservir ou de voler. Vous ne pouvez pas leur donner des droits que vous n’avez pas vous-même.

Puisque votre vie vous appartient, vous en êtes responsable. Vous ne louez pas votre vie à d’autres personnes qui demandent votre obéissance. Vous n’êtes pas non plus l’esclave de ceux qui demandent votre sacrifice. Vous choisissez vos propres objectifs en fonction de vos propres valeurs. La réussite et l’échec sont tous deux des motivations nécessaires pour apprendre et progresser. Vos actions pour le compte d’autres ou leurs actions pour votre compte sont vertueuses seulement si elles découlent d’un consentement mutuel volontaire. Car la vertu ne peut exister que lorsqu’il y a libre choix.

Tout ceci est la base d’une société réellement libre. C’est non seulement le fondement le plus concret et humanitaire pour l’action humaine, mais aussi le plus éthique.

Les problèmes mondiaux qui proviennent de l’utilisation de la force par le gouvernement ont une solution. La solution est que les peuples du monde arrêtent de demander aux fonctionnaires du gouvernement d’employer la force pour leur compte. Le mal ne vient pas seulement de gens mauvais, mais aussi de bonnes personnes qui tolèrent l’utilisation de la force comme un moyen pour leurs propres fins. C’est de cette façon que de braves gens ont donné le pouvoir à de mauvaises gens au cours de l’histoire.

Avoir confiance dans une société libre, c’est se concentrer sur le processus de découverte de valeurs dans l’économie de marché plutôt que de se fixer sur quelque vision ou but imposé. Utiliser la force du gouvernement pour imposer une vision aux autres est une paresse intellectuelle et il en résulte inévitablement des conséquences non voulues et perverses. La réalisation d’une société libre demande le courage de penser, de parler et d’agir — surtout quand il est plus facile de ne rien faire.


  1. Ken Schoolland, The Adventures of Jonathan Gullible: A Free Market Odyssey, janvier 2001, Small Business Hawaii Inc, disponible en français : Les Aventures de Jonathan Gullible : une odysée de la liberté, octobre 2011, Tatamis. 

Publié le 14.10.2012. Lien permanent. Retourner en haut.

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