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Nihil addendum
par al.jes

Quelles limites à l'intégration ?

L’ami Xavier tweetait ce midi quelque lien vers un article parlant d’une réforme helvète sur le sujet de l’intégration. Je ne suis pas citoyen helvétique et n’en connait pas les subtilités juridiques, aussi ne me prononcerait pas sur cette réforme, dont j’ignore à peu près tout. Non, le court article d’aujourd’hui — après une semaine de silence radio pour cause de congés et de flemme — aborde la question de l’intégration de nos chers immigrés.

Oh, que des gens aillent dans un pays et décident d’en adopter les mœurs n’a rien de gênant, pas plus que de décider de conserver ses propres mœurs. Mais il y a malheureusement encore en nos contrées des barbares qui considèrent que les étrangers nous seraient inférieurs, ou dangereux, ou ceci ou cela de néfaste par cela même qu’ils nous sont étrangers. Se pose alors la question suivante : que pouvons-nous faire pour aider ces étrangers à mieux s’intégrer, au sens premier d’une meilleur acceptation par leur nouvel entourage. Leur enseigner la langue du pays est un premier pas évident : quoi de mieux qu’une langue commune pour faciliter la communiquation ? L’on peut également tâcher de leur expliquer ce qui, dans leur région d’adoption, est perçu comme valeureux ou inversement gênant, voire choquant. Ainsi faut-il expliquer au chinois venant en France que cracher par terre ne se fait pas ici, comme il faut expliquer au français allant en Chine que l’on ne s’y mouche pas en public.

Bien entendu, il est difficile de forcer l’adoption de nouvelles valeurs chez un migrant, mais cela tombe bien : ce n’est pas ce que nous voulons. Nous voulons qu’ils les connaissent, libre à eux ensuite de les adopter, ignorer voire rejeter. Hélas ! ce serait mal connaître les barbares sus-cités ! Eux, puisqu’ils doivent bien se résigner à la présence d’immigrants, ne les tolèrent qu’à la condition qu’ils soient « intégrés ». Mais l’intégration pour eux a un sens bien différent. Pour nous, l’intégration est un état de fait, à savoir l’existence de bon rapports de voisinages. C’est quelque-chose qui peut se construire, mais à la condition d’une tolérance de la part des deux parties et d’une communication établie. Pour eux, l’intégration est une démarche, à savoir celle de l’adoption pleine et entière de la culture adoptée — en fait limitée à la portion culturelle bien maigre de nos fâcheux fachos. Là aussi cela se construit, mais c’est au prix d’un effort unilatéral d’abandon de son identité.

Aussi, il est primordial lorsque l’on entend parler d’intégration, de la questionner 1. De quelle intégration s’agit-il ? Quelles en sont les limites ? Nous voulons une humanité libre, tolérante et riche de mille et une culture, pas un troupeau grégaire de moutons fascistes.


  1. Pour revenir à la réforme qui m’a donné envie d’écrire cet article, laissons-lui le bénéfice du doute : je n’imagine pas un seul instant Xavier diffuser des propos fascisants sans en faire une sévère critique… 

Publié le 05.11.2012. Lien permanent. Retourner en haut.

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