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Nihil addendum
par al.jes

Pour en finir avec l'anti-individualisme

Souvent, alors que j’avance une idée libérale, l’on me taxe d’individualiste, comme si cette assertion était une insulte. Je m’insurge, et il se trouve que je ne suis ni le seul, ni le premier à le faire. Lisez plutôt ce qu’en dit Hayek :

Nous ne possédons […] pas d’échelle complète des valeurs. Bien plus, aucun esprit ne pourrait embrasser l’infinie variété des besoins divers d’individus divers qui se disputent les ressources disponibles et attachent une importance déterminée à chacune d’entre elles. Du point de vue de notre problème il est de peu d’importance que les fins auxquelles un individu s’attache embrassent seulement ses propres besoins individuels, ou qu’elles comprennent les besoins de ses semblables les plus proches ou même plus éloignés. Peu importe qu’il soit égoïste ou altruïste au sens ordinaire de ces termes. Le point important est qu’un homme ne peut embrasser plus qu’un terrain limité, ne peut connaître que l’urgence d’un nombre limité de besoins. […]
C’est là le fait fondamental sur lequel repose toute la philosophie de l’individualisme. Cette philosophie ne part pas, comme on le prétend souvent, du principe que l’homme est égoïste ou devrait l’être. Elle part simplement du fait incontestable que les limites de notre pouvoir d’imagination ne permettent pas d’inclure dans notre échelle de valeurs plus d’un secteur de besoins de la société toute entière et que puisque, au sens strict, les échelles de valeurs ne peuvent exister que dans l’esprit des individus, il n’y a d’échelles de valeurs que partielles, échelles inévitablement diverses et souvent incompatibles. De ce fait l’individualiste conclut qu’il faut laisser l’individu, à l’intérieur de limites déterminées, libre de se conformer à ses propres valeurs plutôt qu’à celles d’autrui, que dans ce domaine les fins de l’individu doivent être toutes puissantes et échapper à la dictature d’autrui. Reconnaître l’individu comme juge en dernier ressort de ses propres fins, croire que dans la mesure du possible ses propre opinions doivent gouverner ses actes, telle est l’essence de l’individualisme 1.


  1. Friedrich August von Hayek, The Road to Serfdom, 1944, disponible en français : La Route de la servitude, septembre 2011, PUF (extrait issu de la page 49). 

Publié le 27.11.2012. Lien permanent. Retourner en haut.

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