Aller au menu. Aller au contenu.

Nihil addendum
par al.jes

Ahh, my precious Anarchy…

C’est sur ces mots que V termine son monologue au cours duquel il commet l’attentat contre la statue de Madame Justice 1. Voici un autre mot du même personnage portant sur ce qu’est l’anarchie :

Anarchie veut dire « sans maître », pas « sans ordre ». Avec l’anarchie vient une ère d’Ordnung, d’ordre vrai, qui ne peut être que volontaire. L’ordre, s’il est imposé, engendre le mécontentement, père du désordre, parent de la guillotine. Les sociétés autoritaires sont comme le patinage artistique : complexes, d’une précision mécanique parfaite, et par dessus tout précaires. Sous une fine couche de civilisation, le chaos guette… Lorsqu’elle sentira le chaos la talonner, l’autorité ourdira les plus viles intrigues pour préserver un semblant d’ordre… Mais un ordre sans justice, sans amour et sans liberté, ce qui ne pourra ralentir longtemps la descente de leur monde aux enfers.

Ainsi, l’anarchie n’est pas une « acratie » : elle n’est pas absence de gouvernement (α-κρατος) mais absence de commandement (αν-αρχη) 2 et, par extension, de coercition. Vous pouvez dès lors ajouter Qu’est-ce que l’anarchisme ?, de Cédric Coutron, à vos lectures indispensables 3. En voici quelque extrait, tout juste de quoi vous titiller l’esprit…

Le point de départ de l’anarchisme, c’est le refus de toute autorité illégitime. Pour comprendre ce refus de l’autorité, il faut avoir en tête que l’anarchisme s’inscrit dans un mouvement de valorisation de l’autonomie personnelle, l’autonomie étant cette capacité de se donner à soi-même ses propres lois.


  1. Alan Moore (scénario) & David Lloyd (dessin), V for Vendetta, avril 1995, DC Comics, disponible en français : V pour Vendetta, janvier 1999, Delcourt. 

  2. Alain Rey & coll, Dictionnaire historique de la langue française, juillet 2010, Dictionnaires Le Robert. 

  3. Notez cependant que la dernière partie de cet article, « Esquisses de la société anarchiste », se place dans une optique propre au vingtième siècle collectiviste et ignore la troisième révolution industrielle en cours, qui voit poindre un artisanat high-tech. L’anarchisme que je prône est profondément individualiste et ne saurait être confondu avec un quelconque anarchosyndicalisme. 

Publié le 28.11.2012. Lien permanent. Retourner en haut.

©2012 – al.jes, certains droits réservés
Réagissez ! Écrivez-moi : me @ aljes.me