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Nihil addendum
par al.jes

Exhibitionnisme

Hier soir, alors que j’effectuai ma veille, l’on frappa à la porte de ma chambre. C’était Gaël, mon voisin de palier, qui venait m’offrir un retour quant à mes écrits sur Na. Il avait, dit-il, apprécié deux articles récents : Un peu de cohérence, que diable ! et Routine policière. Davantage tranches de vies qu’articles « de fond », ces deux articles se distinguent de leurs pairs en donnant un aspect plus personnel à ce journal.
Ce retour m’interpela pour deux raison. D’une part, je considère le premier de ces deux articles comme passablement raté : l’écriture me semble maladroite, le texte me donne l’impression de casser du sucre sur le dos de mes parents et, surtout, cette impression n’est pas contrée par un sujet qui me tienne particulièrement à cœur. En bref, un arrière goût amer s’est emparé de moi après la rédaction et je n’ai publié qu’après moult hésitations. D’autre part, ces deux articles m’ont amenés à me questionner quant à leur aspect « 3615 ma vie ».

En effet, j’ai toujours eu en horreur cet exhibitionnisme bien trop fréquent et outrancier qui a valu tant de reproches au format du journal en ligne. La question, non résolue, que je me pose est la suivante : où passe-t-on du journal extime 1 au narcissisme ?
Je ne vais pas vous dire que cette question me hante — ce ne serait que mensonge — mais elle m’inquiète, au sens propre : elle me fait sortir de ma quiétude. Alors quoi, si cela donne une âme à mon journal, devrais-je point m’y abandonner ? Non pas, car ce serait en oublier l’ADN : j’écris ce journal parce que Twitter ne me suffit pas pour développer une idée complexe…

Dit autrement, ce journal se veut un instantané de ma pensée, non un rapport d’activité du quotidien. À la condition qu’elle se justifie par l’illustration d’une idée, je pourrais donc m’adonner de nouveau à l’exhibition de ma vie. Mais est-ce là la seule limite à ne pas dépasser ? Que faire d’une saine réserve, d’une saine pudeur quand l’on parle de soi publiquement ? D’autres blogueurs me rappelleront à juste titre que le blogging est un loisir comme un autre, et je les approuverai, mais jusqu’où aller ?

Dans un précédent article, je rappelai l’importance de la relativité des échelles de valeurs. De ce fait, il va de soi que la limite que chacun se donne est purement subjective, un peu comme chacun possède un jugement subtilement varié quant à la nudité partielle ou totale. Ceci m’ennuie, car cela implique que moi seul pourrait répondre pour moi à cette question 2. Autant dire que je n’ai pas fini de m’interroger…


  1. Voir pour cela mon incipit, dont l’exhibitionnisme est évidemment plus facile à assumer. 

  2. C’est peut-être là le plus gros frein à l’autonomie individuelle : il faut réfléchir. Mais que la vie serait ennuyeuse si tout était aussi facile que nous le voulions ! 

Publié le 04.12.2012. Lien permanent. Retourner en haut.

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