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Nihil addendum
par al.jes

Paysage urbain en état policier

Comme je n’habite qu’un tout petit logement, je suis souvent hors de chez moi. Je me retrouve donc à déambuler en ville après les cours, entre deux séances de cinéma ou avant de me rentrer…
C’est ainsi qu’avant-hier soir, alors que je me rendais en centre-ville par le métro, je fus témoin d’une scène pour le moins dérangeante. Laissez-moi vous la conter.

Comme tout lillois pourra le confirmer, le taux de chance de ne pas croiser de policier ou de militaire en gare de Lille Flandre est quasi nul. Ils y sont nombreux, très nombreux, et en permanence. Il n’est d’ailleurs pas rare d’en voir un petit attroupement interpeler tel ou tel individu, au hasard ou presque 1. Malgré cela, celui que je vis hier dans le hall de la gare avait quelque chose de surréel. Imaginez plutôt : deux policiers tentant de maîtriser un homme qui se débat en clamant n’avoir « rien fait », quatre militaires, toutes armes dehors près à intervenir au cas improbable ou l’interpelé arrivait à s’échapper de l’emprise de leurs collègues et trois autres policiers intimant aux badauds, dont votre serviteur, de passer leur chemin.
Je réagis, somme toute assez lâchement, en obtempérant devant le comportement de ces brutes. J’allégeai même ma conscience de ce souvenir.

Bien entendu, certains me diront que j’avais raison d’agir ainsi, que ce n’est pas pour rien qu’un individu se fait interpeler par une telle troupe… Je leur rappellerai alors ce principe de droit élémentaire : nul n’est coupable jusqu’à preuve du contraire. Neuf hommes armés pour interpeler quelqu’un que l’on doit croire innocent, cela me paraît trop.
Las, nous sommes en France… Circulez, il n’y a rien à voir.


  1. Au délit de faciès près. 

Publié le 21.12.2012. Lien permanent. Retourner en haut.

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