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Nihil addendum
par al.jes

Un Web minimaliste

Ce qui suit n’est pas un article de ma plume, mais la traduction 1 de « minimal web », de Leo Babauta. Ma capacité de traduction étant ce qu’elle est, je ne peux qu’inviter les anglophones à lire l’article original. Pour les autres, veuillez me pardonner si ce qui suit semble maladroit…


Un site dont le but principal est d’avoir des gens qui en lisent le contenu servirait au mieux ses lecteurs avec presque rien de plus que le nécessaire pour l’expérience de lecture.

Dépouillez un site de toute distraction, bidules, gimmicks, promotions, réclame, outils de partage… et ce que vous avez n’est que pure expérience de lecture.

Un site minimaliste. Parfait pour les lecteurs, ce qui est parfait pour l’écrivain. Pas si parfait pour les publicitaires, c’est possible, mais nous ne créons pas des sites pour eux. Nous créons des sites pour nous.

Qu’est-ce qui est nécessaire pour une pure et parfaite expérience de lecture ?

  1. le texte d’un article, en incluant le titre ;
  2. une fonte lisible et bien proportionnée ;
  3. une largeur de texte optimale pour la lecture ;
  4. peut-être le nom du site pour donner un contexte et une navigation minimale au cas où le lecteur voudrait trouver d’autres articles.

Rien d’autre.

Voici ce qu’un site minimaliste devrait laisser de côté :

En outre, un site minimaliste pourrait aussi compter :

Trouve-t-on des exemples de ceci sur le web ? Bien sûr, il y en a plein. Mes sites, mnmlist.com, Zen Habits et leobabauta.com, en sont trois exemples, mais il y en a de nombreux autres. Les récents réseaux sociaux svbtle et medium [me] viennent à l’esprit. Sam Stephenson n’a publié que quelques articles, mais ils ont l’air grandiose.

Pourquoi minimaliste ?

Les blogueurs et créateurs de sites sont tellement pris par les choses qu’ils perdent de vue ce qu’il y a de plus important : créer une expérience géniale pour le lecteur. La personne qui vient jusqu’à votre site n’est pas un client, un potentiel inscrit à votre liste de diffusion, un consommateur de publicités, une personne qui veut être matraquée de réclame, un acheteur de vos produits affiliés, un abonné sur Twitter ou Facebook… c’est une personne qui veut simplement retirer quelque information ou divertissement de ce que vous avez écrit.

Cette personne (que j’appelle affectueusement « mon cher lecteur » mais, vraiment, c’est une personne) veut seulement lire ce que vous avez à lui offrir et, peut-être, voudra à ce moment lire davantage ou même s’abonner. Toutes les autres choses que vous mettriez sur votre site ne sont pas pour le lecteur.

Quand vous créez une incroyable expérience de lecture, le lecteur l’appréciera. Le lecteur adorera votre magnifique (je l’espère) contenu et ensuite décidera éventuellement d’en faire l’objet d’un marque-page ou d’un courriel, de le partager, de s’abonner, etc. Mais sans l’expérience de lecture, le reste n’adviendra pas.

Tout le reste est distraction. Cela distrait de l’expérience. Bien sûr, cela vous aidera à atteindre vos objectifs en tant qu’écrivain ou créateur de site, mais cela n’aidera pas le lecteur à atteindre les siens. Donc si vous distrayez pour atteindre vos objectifs, quel message envoyez-vous ? Que vos objectifs sont plus importants que ceux de la personne qui a gracieusement consenti à venir jusqu’à votre site et vous a fait cadeau de son attention.

Mais que deviennent… ?

Les commentaires : Dans la plupart des cas, les commentaires distraient de l’expérience de lecture. Ils ne sont pas nécessaires à la lecture. Une bonne conversation à propos de l’article peut se poursuivre ailleurs, sur Twitter, Facebook ou les blogs d’autres personnes, s’ils trouvent qu’il mérite qu’on en parle. Pendant quelques années, j’ai eu des commentaires sur mon site, et ils n’étaient pas ce qu’il y avait de pire, mais je suis venu à la conclusion qu’ils sont superflus.

Les abonnements : Ne trouvez-vous pas que les popups, les grands boutons d’abonnements et autres choses qui demandent au lecteur de s’inscrire à votre liste de diffusion permettent de bien meilleurs taux de conversions ? C’est sûr que, à court terme, vos compteurs augmenteront. Mais ces compteurs sont sans importance. Bien plus important : Combien avez-vous délecté le lecteur ? Combien de lecteurs avez-vous perdu parce que vous leur avez manqué de respect avec un popup ou en hurlant dans la barre latérale pour leur demander de s’abonner ? Quel crédit avez-vous perdu ? Qui avez-vous aidé avec ce popup ? Essayez de mesurer cela avec vos statistiques.

Le partage : Avez-vous besoin de boutons de partage pour réussir sur les médias sociaux et avoir un million de followers ? Non, et de toute façon ce n’est pas très important. J’ai réussi en majeure partie sans boutons de partage (j’en ai eu un temps mais les ai enlevé) parce que ce sur quoi je veux me concentrer est ce que je pense que le lecteur veut le plus — l’article. S’ils veulent partager, ils savent comment le faire. Et pour ceux qui ne se préoccupent que de l’article, et non de le partager, avoir un million de boutons de partages sous les yeux ne fait que ruiner leur expérience de lecture.

Les statistiques : Comment savoir si mon audience croît sans statistiques ? On ne peut pas vraiment savoir et, honnêtement, ça ne compte pas autant que ce que les gens pensent. J’ai suivi un temps les statistiques de mon blog et quand vous suivez quelque-chose ainsi, ça devient votre monde. Vous vous inquiétez tant de votre audience que vous en venez à faire des choses uniquement pour l’accroître. C’est folie ; le nombre ne compte pas tant que cela. Ce qui compte est d’aider vos lecteurs, les délecter, changer leurs vies. Vous ne faites pas ces choses en vous préoccupant d’une audience, vous le faites en vous préoccupant de vos lecteurs. Et quand vous faites cela, l’audience devient le produit du génie.

L’argent : Je suis un fervent croyant en le fait qu’il faut vivre de ce que l’on aime, mais cela fait-il vraiment du bien de forcer vos lecteurs à regarder d’affreuses pubs ou à voir un message « sponsorisé par » dans leur boîte de réception pour que vous ayez quelques sous ? Je l’ai fait un temps, et cela m’a pesé parce que personnellement je déteste la réclame. C’est une gêne quotidienne que l’on supporte pour avoir ce que l’on veut (regarder les nouvelles, s’amuser, prendre le bus, lire de bons articles) mais pourquoi faire subir cette gêne à vos lecteurs ? Vous pouvez gager de l’argent en tant qu’écrivain ou créateur de site sans pubs, sans être un négociant visqueux. Construisez simplement une audience en vous montrant utile et fiable, puis aider-la avec des livres, des cours, des logiciels, un service ou qu’importe ce que vous pouvez créer qui les aide plus intensément. Faire de l’argent en aidant les gens ? Maintenant cela fait du bien.


  1. L’article original est dans le domaine commun et je n’ai pas envie de réclamer des droits pour le travail de traduction. Faites-en donc ce que vous voudrez. 

Publié le 27.12.2012. Lien permanent. Retourner en haut.

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