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Nihil addendum
par al.jes

Monsieur X.

J’exposais récemment un exemple d’institution démocratique. Cependant, il est largement insuffisant puisque pour signaler que quelque-chose réclame notre attention il nous faut proposer une loi, une modification de loi, une abrogation de loi… Cela ignore totalement l’idée de réflexion sur l’état des choses.
Certes, nous pouvons écrire, réfléchir ensemble, communiquer et provoquer un débat, mais ne pourrions pas aussi faire un appel à proposition ? Ces appels pourraient être gérés par le même organisme qui, dans la proposition d’institution sus-liée, gère la réception des propositions ou contre-propositions, les conditions pour un appel pourraient être les mêmes que celles de la proposition initiale et les conditions des propositions pourraient être les mêmes que celles d’une contre-proposition. Afin que la chose soit plus compréhensible, voici une petite fiction en illustration…

Monsieur X. est jardinier. Ce n’est pas son métier, mais il exerce cette activité pour le loisir. Puisque la chose de la cité l’intéresse, il sait que, bien que son jardin lui appartienne pleinement, la terre sur laquelle pousse ce dernier ne lui appartient pas. Elle appartient à l’humanité entière et se l’approprier serait spolier le bien de tous ses semblables.

Monsieur X, profondément honnête, se pose beaucoup de questions : « Puisque les autres humains ne peuvent exploiter ce terrain sans outrepasser mon droit de propriété sur mon jardin, où se situe la limite ? où se trouve l’équilibre entre mon droit individuel et le droit de tous ? » Il a beau être instruit, cette question le dépasse. Il en parle à ses amis et voisins qui, bien qu’ils soient plutôt nombreux, intelligents et instruits, ne savent quoi proposer. Ils décident alors de déposer un appel à proposition pour qu’une loi clarifie ce flou et leur ôte le doute.

Une fois l’appel soumis à la population, quelques propositions arrivent.
Une première proposition, par exemple, propose que le terrain sur lequel un bien immobilier se trouve devienne la propriété pleine et entière du propriétaire du bien. Cette proposition, spoliation évidente du bien commun, ne rencontrera presque pas d’écho.
Une seconde proposition, soucieuse de compromis et preuve d’une foi inouïe en l’espèce humaine, laissera décider le propriétaire du bien de quand il cèdera son droit face à celui de tous. Celle-ci non plus ne trouvera pas beaucoup d’écho.
Une troisième proposition, plus réaliste, demandera la loi suivante :

Le propriétaire d’un bien immobilier dispose tant qu’il entretient ou fait entretenir son bien d’une exclusivité d’usage du terrain sur lequel se situe ledit bien. Lorsque le bien n’est plus entretenu depuis dix ans, le propriétaire dudit bien perd ladite exclusivité d’usage et la propriété du bien. Le dernier propriétaire en date pourra récupérer son bien et l’exclusivité d’usage qui l’accompagne s’il effectue ou fait effectuer des travaux d’entretien dudit bien dans les dix ans suivant la perte du bien.

Je ne vous raconte pas la fin de cette histoire, je ne la connais pas moi-même.

Publié le 08.02.2013. Lien permanent. Retourner en haut.

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