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Nihil addendum
par al.jes

L'Image sociale

Tout-à-l’heure, alors que je buvais mon thé dans la véranda, un journal traînant là attira mon attention. Je lus l’un des articles, à propos de La Grande boucle, film de Laurent Tuel à propos d’un amateur du Tour de France, dont l’auteur nous dit qu’il « s’adresse plutôt à ceux qui aiment se retrouver au bord des routes dans une ambiance populaire. » Cette citation m’a interpelée car elle nous dit deux choses : le cyclisme est une activité populaire et c’est cette ambiance populaire qui nous intéresse. Laissez-moi reformuler : ce n’est pas un film sur le cyclisme. N’importe quelle activité aurait pu convenir pourvu que ce soit une activité de pauvres 1.

Cela me fait penser aux films sur le luxe qui, parce qu’évoluant dans un univers d’opulence, devient un film sur les riches, sur les puissants, au lieu de se concentrer sur la dépense improductive dont parlait Georges Bataille… Pour revenir à notre mouton, pensez un peu au film que nous aurions eu s’il se déroulait dans un monde bourgeois. Nous n’aurions alors plus le même objet. Dans un cas, nous avons un blockbuster à la française, sans intérêt car se focalisant comme d’habitude sur une histoire de classes sociales. Dans l’autre, nous aurions un ouvrage sur le cyclisme et su ce que le personnage aime dans cette activité. Là, même si je n’aime pas le vélo, je pense que j’aurais été curieux de voir cet objet.

Finalement, nous reproduisons des schémas de pensée discriminant le peuple entre la vulgate et l’élite, alors qu’il est tellement plus intéressant de les questionner en… proposant de passer outre. Un peu à la façon des personnages dépeints par Michelangelo Antonioni dans Il Deserto rosso.

Le cinéma français n’est pas encore sorti de l’ornière…


  1. Et non une activité des pauvres ; comprenez-donc une activité entourée d’une imagerie populaire. 

Publié le 16.06.2013. Lien permanent. Retourner en haut.

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