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Nihil addendum
par al.jes

L'Athée et l'Agnostique

Je suis né dans une famille relativement peu religieuse. Mes grands-parents étaient catholiques croyant et pratiquants et une certaine part de leur descendance a suivi leur exemple, mais ce ne fut pas le cas de mes parents. Mon père est croyant mais ne pratique plus depuis son adolescence et ma mère est athée. Mon aîné suit les traces de mon père et mon cadet suit celles de ma mère.

Pour ma part j’ai eu un parcours plus nuancé. Enfant j’ai éprouvé une curiosité envers la religion et je suis allé deux fois à la messe avant de décider que je n’y croyais pas. Dès lors je me suis considéré comme athée, jusqu’à la fin de l’adolescence. Cependant j’ai conservé une curiosité envers la religion, que j’ai davantage considéré comme un terreau de récits tous plus intéressants que les autres. Cette approche m’a permit de développer un intérêt pour les mythes et l’art de les conter. Je me souviens d’un cours de grec ancien où chaque sujet mythologiques se transformaient en une longue discussion entre l’enseignante et moi, tous deux passionnés par le sujet mais n’ayant pas les mêmes lectures. Ce fut une année très enrichissante et j’en garde — outre de très mon souvenirs — une certaine vision de ce que devrait être l’enseignement 1.

L’étape suivante de mon parcours fut lors de mes années de lycée, où je me suis lié d’amitié pour deux témoins de Jéhovah 2. Avec eux je découvris une autre conception de la pratique religieuse et une certaine ouverture d’esprit, nécessaire au prosélyte. Alors que jusque là je n’avais que très peu parlé de la religion, j’ai avec l’un d’entre eux eu de très longues conversations autour de la théologie. Ces longues conversations m’ont fait évoluer et je me considère désormais comme agnostique. Il convient ici de préciser mon propos. Je ne me suis pas converti, je pense que mon point de vue a très peu changé ; ce qui a évolué c’est comment je vois ce point de vue. Je m’explique :avant je me disait que puisque je considérais illogique l’existence d’un dieu, alors c’était qu’il n’y en avait pas. Maintenant je considère ces deux hypothèses pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire des hypothèses non prouvées, et simplement estime que l’hypothèse athée est plus élégante que l’hypothèse théiste.

Cependant l’agnosticisme ne s’arrête pas à la question de l’existence ou non d’un ou de plusieurs dieux. En effet, l’agnostique — littéralement « sans croyance » — soumettra toute croyance à l’examen de la raison. Être agnostique ne s’arrête pas, contrairement à ce que certains semblent penser, à dire que l’on ne sait pas s’il y a ou non un dieu. C’est l’avis de beaucoup d’agnostiques en ce qui concerne la question divine, mais beaucoup vous diront également que l’absence d’un créateur est plus probable parce que cela poserait la question de la création du créateur. C’est d’ailleurs en cela que je considère l’hypothèse athée comme plus élégante. De même il y a de forte chances qu’il n’y a rien après la mort, ce qui ne m’empêche pas de me dire que ce serait chouette si l’on pouvait se réincarner. Par ailleurs, je vous en ai déjà touché mot mais la démarche agnosticiste peut s’appliquer à la question politique et partisane.

Le mot « démarche » est sans doute le mieux choisi pour définir ce qu’est l’agnosticisme. En effet, personne n’est « sans croyance » ; tout le monde croit en quelque-chose : qu’il va pleuvoir — avant de prendre son parapluie pour rien —, que l’on a réussi un examen — avant d’avoir une mauvaise note… En fait cela relève de notre nature, nous sommes biologiquement câblés pour interpréter le monde qui nous entoure, quitte à se tromper : il est préférable de croire que tous les lions sont dangereux plutôt que de tester empiriquement si ce lion particulier a faim ou non. L’agnostique suis donc une démarche, celle de confronter — dans une certaine mesure — ce qu’il croit à l’examen de la raison plutôt que de rester soumis à ses préjugés. Ce n’est pas facile, mais c’est ô combien libérateur. C’est accepter de changer de paradigme, c’est découvrir le monde.


  1. Nous en reparlerons sans doute, j’ai bien des choses à en dire. 

  2. Eh oui, même là ils viennent par deux ! 

Publié le 24.01.2014. Lien permanent. Retourner en haut.

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