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Nihil addendum
par al.jes

Chroniques toulousaines

Ce mercredi matin, je savourai tranquillement mon thé et goulûment mes tartines de Nutella sur le balcon de mon frère. Quatre étages plus bas, la longue procession quotidienne des voitures allant au travail suivait son cours le long du canal du Midi. Quelques heures plus tard, je serai dans le train, en train de remonter vers le Nord, mais, pour le moment, je savourais encore mes derniers instants à Toulouse.

La Ville rose est l’antithèse de la Capitale des Flandres. À Lille, mes promenades me mènent plus facilement dans le centre-ville piéton ou au Vieux-Lille. Ce sont des lieux passants, commerçants, d’une vivacité à fleur de peau. Un côté brut de décoffrage qui éveille mes sens et, dans le même temps, m’invite à l’intériorité. À Toulouse, mes déambulations urbaines sont plus excentrées. Il m’est arrivé d’aller en centre-ville, mais j’y préfère le contact de l’eau. Le bord de Garonne, les canaux… J’y ai re-découvert une forme d’urbanité plus sereine, plus déserte aussi, mais où la moindre rencontre est plus accueillante. Ici un couple qui s’embrasse sur un banc devant un plan d’eau du Jardin japonais, là un panneau où un plaisantin, pour nous inviter à longer les quais, a écrit que c’était la direction des rêves et du paradis. Ici quelques coureurs qui me sourient dans leur jogging, là quelques commerçants de substances illicites qui traversent la rue et me demandent si je « cherche quelque-chose ».

J’aurais passé quelques jours fort sympathiques à flâner des heures durant dans ce Toulouse excentré, à observer ces détails architecturaux qui montrent que pays d’oc et d’oïl ne sont pas seulement distinct par leur langue… Tel pourtour de fenêtre, telle inclinaison de toit… Une quantité infinie de détails que l’on pourrait qualifier de parfum d’une ville… Sans doute est-ce dû aussi à la douceur du climat…

Pourtant, malgré toutes ces différences, je ressens, comme à Lille, le plaisir d’être en ville. Loin du morne ennui campagnard, la ville m’entoure de ses bras de brique et de béton, m’accueille en son sein, me nourrit de corps comme d’esprit. Si j’ai savouré un autre rapport à la ville, une autre temporalité, cela reste une masse humaine que je parcours libre comme l’air. J’aime ce paradoxe.

Publié le 01.03.2014. Lien permanent. Retourner en haut.

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