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Nihil addendum
par al.jes

Le Futur

Ce semestre, j’ai suivi un cours intitulé « Découverte du monde de l’entreprise », que ma faculté a cru bon de rendre obligatoire pour mon parcours. J’imagine que c’est une chose assez courante en master, même si je n’ai fait aucune recherche là dessus. Cela fait donc depuis janvier que ma promotion et moi sommes forcés de nous acclimater à un monde obsolète. Certes, ce n’est pas encore un monde révolu, mais je ne me vois pas travailler plus tard dans l’un de ces mastodontes bureaucratiques qui fut le modèle de toute société lors des deux derniers siècles. La troisième révolution industrielle est passée par là, l’avenir est aux équipes à taille humaine, aux PME multi-nationales, aux indépendants hyper-connectés.

J’avais lu je ne sais plus où une petite fable prospective où tout le monde était indépendant et, pour travailler, allumait son ordinateur pour se connecter à ce que l’auteur nommait un hub, une plate-forme où de potentiels clients publiaient leurs demandes, demandes que d’autres acceptaient de réaliser ou non. Tout simplement, sans plus de friction. Ce qu’il y a de plus beau avec cette fable, c’est qu’elle n’est pas improbable. Les progrès de l’impression en trois dimension, du télétravail, des modes d’organisations, rendent cela possible pour une frange de plus en plus importante de la société.

Pourtant, on continue de nous former sans prendre en compte que beaucoup des métiers que nous exercerons n’existent pas encore. Comprenez-moi bien, ce n’est pas ce qu’a fait mon enseignante de la tâche qu’on lui a confié qui ne va pas. C’est la mission elle-même qui est rétrograde. Comme si ça allait arrêter ce futur si différents de ce que nous avons connu. Comme le dit si bien l’ami Ploum, « Le futur n’a que faire de votre opinion ». Il advient.

Pourtant, le futur n’est que la résultante directe de nos actions. Le futur est le résultat de notre vie passée et présente. C’est un constat à la fois effroyablement fataliste et extraordinairement optimiste. Le futur se moque éperdument de ce que l’on pense de lui, mais il évolue en fonction de ce que l’on en fait.

Ce constat s’applique partout. Récemment, l’ami Adranmelech se demandait si nous n’étions pas le frein à l’innovation des jeux vidéo, plus particulièrement des blockbusters. En effet, si une recette fonctionne, pourquoi en changer ? Comme, lui, je pense que la réponse à sa question est oui. Nous ne changeons pas et attendons que les créateurs changent. En ne changeant pas nos habitudes de jeu et d’achats, nous envoyons un message aux créateurs, et ce message n’incite pas à changer.

Pourtant, il y a un moyen simple de changer le monde, chacun à sa petite échelle : se changer soi-même, en espérant que d’autres prendront exemple sur soi. Donnons leur chance aux indépendants, à ceux qui proposent de la nouveauté. Changer ses habitude n’est pas aisé, mais cela en vaut la peine.

Car le futur n’est que ce que nous en faisons. Car le futur est ce que nous en faisons.

Publié le 07.04.2014. Lien permanent. Retourner en haut.

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