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Nihil addendum
par al.jes

La Fourmilière urbaine

Sept heures trente-sept. Alors que la fenêtre ouverte à côté de moi me réveille en laissant passer le bruit des automobilistes, la longue procession des voitures allant au travail m’emmène en pensée vers une autre de ces quotidiennes processions. Je me souviens d’une idée qui m’avait traversé la tête, trop fugacement pour que j’y songe tout de suite, assez discrètement pour s’installer sans mot dire et s’imposer aujourd’hui.

La ville est une fourmilière à taille humaine.

Cela paraît anodin, pourtant. C’est tout sauf le cas. L’une des choses que nous enseigne l’étude des insectes sociaux, c’est que l’organisme est la fourmilière, non la fourmi. Cela mène à penser la ville comme organisme composé de nombreux humains, ou encore l’être humain comme organisme multicellulaire. Le un est multiple. Le un est multiple et, tout comme la ville se doit d’être à l’écoute des individus qui la composent, nous devrions être à l’écoute de nos cellules, de notre corps.

Ucka Ludovic Ilolo nous dit que nous sommes tous des danseurs, mais, hélas ! pour la plupart des danseurs déstructurés, séparant leur corps de leur tête. Voilà qui fait écho à ma redécouverte de mon entièreté : nous sommes des corps en interaction avec les flux d’énergie qui nous traversent. Quand notre corps s’éveille à nouveau, cela nous redéfinit. Se penser dans son entièreté et dans sa multiplicité, cela renouvelle notre pensée, au moins sur un certain nombre de sujets. Prenons un exemple : la créativité.

Nous le pressentons tous, nous sommes plus créatifs lorsque nous sommes en situation de crise. Nous réagissons au monde avec plus d’inventivité quand il change autour de nous. Après tout, si tout reste immuable et que nous n’y voyons pas de problème, pourquoi aurions-nous besoin de changement ?

Oui, mais voilà : la créativité ne résulte pas d’un atome nommé humain, elle est le fruit de l’organisme multicellulaire nommé humain. Maintenant, songez à l’explosion de biodiversité qui suit une extinction massive. Voilà un bon exemple de créativité : lorsqu’une crise survient, la solution habituelle ne fonctionne plus. Dès lors, le champ des possibles s’ouvre. Dès lors, nous pouvons innover, rénover, inventer. Du moins, nous y sommes plus enclins. La situation de crise nous maintient éveillés, elle se présente comme un courant porteur de nos émotions, de notre potentiel, de nos êtres.

Alors, la multitude s’exprime en nous. Alors, il n’y a plus d’adversité. Seulement des opportunités.

Publié le 19.05.2014. Lien permanent. Retourner en haut.

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