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Nihil addendum
par al.jes

La Démarche agnostique

C’est marrant. Je suis arrivé au Ghana depuis moins d’une semaine, et l’une des questions qu’on me pose le plus est la suivante : quelle est ma religion ? Même en Inde, pays pourtant très religieux, il n’y avait pas une telle insistance à me vouloir croyant.

Ma réponse, comme toujours, est incomprise. Les gens ne savent pas ce que veut dire ‹ agnostique ›. Choisir de se mettre à l’écart des croyances, cela paraît aberrant. Je crois qu’athée serait plus rassurant pour eux : croire en l’absence d’un dieu est déjà croire en quelque chose.

Pourtant, être agnostique me paraît ce qu’il y a de plus sain. Bien entendu, il est impossible de n’avoir aucune croyance : nous sommes biologiquement programmés pour en avoir. Il est tout simplement préférable de croire que tous les tigres sont dangereux, plutôt que d’expérimenter à chaque fois si ce tigre-là l’est ou non. C’est une question de survie.

Il n’est donc pas question de véritablement éliminer toute croyance, mais plutôt, dès qu’on en a l’occasion, de faire l’examen de nos croyances. Nous apportent-elles quelque chose ? Un quelconque avantage pour la survie ? Ou bien ne sont-elles qu’un confort qui nous évite de penser par nous-mêmes ?

Je sais ne pas avoir la réponse quant à la question théiste. Je sais aussi faire la différence entre ce que je sais, ce qui est probable, ce que je crois intuitivement, et ce que j’aimerais. Ça m’amuserait qu’il y ait des dieux, façon mythologies antiques. Intuitivement, je crois qu’il n’y a rien. Il est probable qu’il n’y ait rien, et hautement improbable que les religions humaines, trop anthropocentrées, aient raison dans leur vision d’un être divin. Mais je sais ne pas connaître la réponse à cette question.

Pareil pour la question de la vie après la mort. J’aimerais un système de réincarnation à la façon bouddhiste, mais non limitée à la vie terrestre. Mais le rasoir d’Ockham me dit que la solution la plus simple est souvent la meilleure. Et la solution la plus simple, c’est que nous n’ayons qu’une vie. C’est aussi ce que mon intuition me dit. Mais, concrètement, je n’ai pas la réponse.

La démarche agnostique, finalement, c’est admettre que l’on n’a pas la réponse à tout. Dès lors, toute opinion, toute pratique, est respectable, tant qu’elle ne nuit à personne.

Publié le 02.07.2015. Lien permanent. Retourner en haut.

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