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Nihil addendum
par al.jes

Le Courage de vivre

‹ C’était comment, ton safari ?
— Monstre cool ! J’ai vu des éléphants !
— Oh… tu as pris des photos ?
— Bien sûr. [Je lui montre les photos.]
— Oh ! Tu es allé si près… Tu n’avais pas peur ?
— Sur le coup, non… Je savais que ça n’était pas sans danger et je faisais attention, mais j’étais trop émerveillé pour avoir peur. Et puis, le guide avait un fusil au cas où…
— Mais même, j’aurais trop peur. Je ne me serais pas approchée. [Je fouille la mémoire de mon portable, lui montre une photo où on me voit sur le dos d’un éléphant d’Asie.] Oh, non non non… Jamais je ne ferais une chose pareille… Où est-ce que tu as fait ça ?
— En Inde… [Brièvement, je lui raconte mes voyages. Elle est abasourdie.]
— Tu as de la chance… tu as vécu tellement de choses extraordinaires ! Mais je n’oserais pas faire la moitié de ce que tu m’as raconté. ›

C’est vrai que j’ai de la chance. Je ne suis pas né miséreux. J’ai grandi dans un milieu ouvert d’esprit. Ça m’a façonné. Mais cette chance-là ne suffit pas à expliquer ce que j’ai vécu. Pour ça, il faut accepter de lâcher prise. De prendre des risques. On en retire toujours quelque chose. Une leçon, au pire.

Mais vois-tu, jeune inconnue, si tu pars du principe que tu as trop peur pour faire quoi que ce soit, alors tu restes cloîtrée chez toi. Ce n’est pas en trempant un orteil timide qu’on apprend à nager, mais en se jetant à l’eau. À l’inverse, pour citer un très grand petit homme vert, la peur mène à l’ignorance, l’ignorance mène à la haine, et la haine mène au côté obscur…

Oui, je prends des risques. Plus que la moyenne, je pense. Pour commencer, j’ai pris le risque de quitter mes proches et les lieux qui m’ont vu grandir. Le résultat de ces prises de risques, c’est que ma vie est plus belle. J’ai vu des choses, vécu des expériences que beaucoup n’ont pas connues et ne connaîtront jamais.

J’ai vu les ruines de la Rome antique et les paysages d’Écosse. J’ai visité le CERN et contemplé l’ordinateur sur lequel est né le Web. J’ai arpenté la Grande Muraille de Chine. J’ai dormi une nuit dans un palace à Lisbonne et une semaine dans un bidonville à côté d’une plage paradisiaque, à Goa. J’ai chevauché un chameau, me suis promené à dos d’éléphant. J’ai nourri des singes. J’ai visité le Taj Mahal. J’ai caressé une antilope, et j’ai vu de près des éléphants sauvages.

Tout ça, ce n’est pas dû à la chance. Ou plutôt, je l’ai (en partie) provoquée. J’ai pris des risques. A leap of faith, comme on dit en anglais. J’ai eu le courage de vivre.

Et j’ai vu des éléphants.

Publié le 01.09.2015. Lien permanent. Retourner en haut.

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