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Nihil addendum
par al.jes

Une Vue d’ensemble

Il y a quelques jours, alors que je procrastinais, je suis tombé sur cette vidéo de Jason Silva. Il m’a semblé qu’après les tristes événements des dernières semaines, nous avions grand besoin de ce message. Du coup, avec l’accord de l’auteur, j’ai traduit. Bonne lecture.

Il y a une chouette anecdote à propos de la toute première photo de la Terre prise depuis l’espace. L’idée est que cette photo fut l’occasion d’un changement profond dans la façon dont nous nous comprenons nous-mêmes. Vous voyez, pour la première fois dans notre histoire, nous avons pu regarder notre planète entière en une vue d’ensemble. Ce fut comme un éveil ontologique. Ça a changé le récit de notre espèce ; ça a mis à jour notre image de soi ; ça a étendu nos consciences. De nouvelles cartes pour de nouvelles réalités, comme ils disent.

Les astronautes nomment cette expérience ‹ l’overview effect ›, une bouleversante sensation de révélation et d’interconnexion mondiale nous débarrassant de nos différences insignifiantes, nous laissant renaître avec un sens de responsabilité mondial, une conscience mondiale, une citoyenneté mondiale.

Le célèbre film de Carl Sagan Pale Blue Dot renvoie la même idée. Depuis l’espace, aucune ligne divisant les nations, aucune subdivision géographique, aucun drapeau, ni races ni territoires à se disputer. Il n’y a que la Terre. Un corps céleste grouillant de vie. L’utérus dans lequel nous vivons.

Pourtant, le fait est que notre point de vue historique et myope, ou certainement notre perspective limitée, ont engendré beaucoup de haine. Nous nous sommes bien trop souvent organisés en clans rivaux hostiles, nous soumettant les uns les autres pour des terres et des ressources, déformant la vue d’ensemble en une histoire de frontières, de subdivisions, de lignes nous divisant. Bien trop d’hostilité, pas assez d’empathie et de compassion.

Les différences de culture, de religion, de tribu, de nation, de race… sont l’expression créative de notre variété, qui pourrait et devrait être célébrée. À la place, elles devinrent des symboles bien trop souvent utilisés pour créer des frontières suffocantes et de plus en plus mal conçues pour aborder un monde hyperconnecté.

Alors que l’évolution des technologies et de l’information rend possible le mouvement des idées, des biens et des personnes, le rôle des frontières physiques évolue et aurait besoin d’une mise à jour. Hélas, les conflits restent, et bien trop d’individus sont maintenus à l’écart des flux migratoires grandissants.

La migration a toujours été un facteur déterminant de l’expérience humaine. Elle touche toutes les époques, nations, cultures, régions, tous les peuples de la planète. Elle fut le germe permettant des sociétés prospères. Elle a accéléré la dissémination des savoirs et des idées. Restreindre la migration, c’est in fine restreindre le flux des idées. De la même façon que nous ne tolérons pas la censure ou les autodafés, nous devrions considérer les restrictions au libre mouvement des individus comme une atteinte à l’épanouissement humain.

L’envie de devenir un citoyen du monde est humaine. Nous l’avons tous, et partageons tous le même objectif de sécurité, de confort et de prospérité pour nos familles. Certains ont la chance de pouvoir investir dans un second lieu de résidence et une nouvelle citoyenneté, alors que d’autres sont forcés de demander l’asile pour leur survie. Être des citoyens du monde est aussi pour les plus aisés d’aider les plus vulnérables.

Les conflits frontaliers, les zones de guerre, les frontières armées, ce sont autant de fléaux qui persistent et doivent être traités. Nous avons besoin d’une nouvelle histoire, d’un nouvel objectif avec lequel traiter ces incohérences. Nous avons besoin d’élargir notre vision, de permettre une citoyenneté réellement mondiale, d’échanger les idées, les croyances, les biens et les services.

Il a été dit que l’empathie prolonge rarement notre ligne de mire. Alors, peut-être est-ce en étendant notre regard, en utilisant de merveilleux nouveaux outils de narration comme la réalité virtuelle, que nous pouvons surmonter les divisions, et réunir les mondes, ouvrant la voie à une forme d’empathie radicale pour voir l’autre comme soi-même, où les frontières sont dissoutes et la compassion règne en maître. Une transformation massive de la conscience. Une mise à jour logicielle pour l’humanité. L’accouchement d’un nouveau type de citoyen du monde.

Nous pouvons y arriver.

Publié le 29.11.2015. Lien permanent. Retourner en haut.

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