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Nihil addendum
par al.jes

Pour une ablation du corps politique

Au temps des rois et de l’absolu monarchique, un sujet de Sa Majesté pouvait passer sa vie entière loin des griffes du pouvoir. Aujourd’hui, pas un jour ne se passe sans que l’on sente la présence tentaculaire de Léviathan. Ses yeux ‹ téléprotecteurs › sont partout, son omniscience lit nos courriels et traque nos déambulations internautiques, ses policiers entrent par effraction et ruinent le peu d’espace qui nous restait sur de simples suspicions… Tous les jours, maintenant, l’arbitraire frappe et les sujets de la machine étatique s’enorgueillissent encore du titre de ‹ citoyen ›. La belle affaire !

Le déni dans lequel nous nous enfonçons ne semble connaître aucune limite. Ce matin encore, des internautes appelaient aux urnes, répétant à qui voulait les entendre qu’il ne faut pas laisser passer l’extrême droite. Pourquoi tant s’aveugler, quand l’extrême droite en question fait figure de modération face aux exactions des partis dits ‹ modérés › ? Lors des dernières présidentielles, nous nous réjouissions d’avoir bouté hors du trône le Prince Nicolas, loin de nous douter que le régime du Roi François empirerait les choses… Depuis, nous avons découvert la censure administrative sur Internet (que nous croyions pourtant réservée aux régimes totalitaires comme la Chine), l’espionnage généralisé de la population, les arrestations arbitraires, et j’en passe.

Et donc, face à ce qui n’est maintenant ni plus ni moins qu’un état policier, on nous demande d’aller voter, de faire barrage aux extrémistes en en élisant d’autre… Assez ! Cessons ce carnage ! Cessons de faire de l’avenir les prochaines heures les plus sombres de notre Histoire ! Si nous voulons rendre son aura à la France, il ne s’agit pas de priver Pierre de dessert pour que Paul s’en empiffre : il nous faut saper toute autorité, toute légitimité, toute crédibilité à ces vautours qui se repaissent impunément du corps exsangue de Dame Liberté. Il nous faut refuser les règles mêmes de ce jeu inique conçu pour donner aux moutons le choix du loup qui les mangera. Il nous faut opérer une ablation du corps politique, ce cancer de la démocratie. C’est ainsi, et ainsi seulement que notre société pourra fleurir à nouveau.

Publié le 30.11.2015. Lien permanent. Retourner en haut.

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