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Nihil addendum
par al.jes

Espèce invasive

‹ Pense à la planète ! ›, ‹ Et les ours polaires ? ›, ‹ Tu y as pensé, aux abeilles ? ›…

On a tous reçu ces leçons de morales, un jour où l’autre. Pas même les écologistes eux-mêmes ne sont épargnés. On est tous le pollueur de quelqu’un.

Réfléchissons à la situation, voulez-vous. Dans un océan de vide, une boule de roche orbite autour d’une grosse poche de gaz en fusion. Cette boule de roche n’est pas seule, ni autour de sa poche de gaz ni dans l’absolu. Il y en a des milliards, comme elle. Il n’empêche, elle est un peu particulière.

En effet, sur cette boule de roche-là s’est développé… comment dire… une sorte de parasite… une maladie bizarre, grouillante, évoluant en permanence, dans toutes les directions possibles… et qu’on appelle communément la vie.

La Terre a 4,5 milliards d’années. La vie en a 4,1 milliards.

Il y a environ 3 à 10 millions d’années, soit rien du tout, est apparu une forme de vie particulièrement invasive, qui bientôt occupa toutes les terres émergées de la planète, ou presque. Il y a environ 10 000 ans, les humains, qui avaient déjà exterminé de nombreuses espèces, commencèrent à domestiquer la planète. Depuis environ deux siècles, les humains connaissent un développement sans précédent, qui occasionne des changements profonds, tant pour eux que pour leur environnement. Dans un avenir proche, ils iront établir des colonies sur d’autres planètes voire, dans un avenir plus lointain, autour d’autres étoiles.

On comprend que tout ça donne le vertige. Que certains prennent peur. Notre espèce, depuis qu’elle existe, a toujours eu un impact remarquable sur son environnement. Et voilà qu’il y a peu, on a réalisé qu’on n’était qu’une espèce parmi d’autres.

Sauf qu’on pollue. Sauf qu’on détruit la planète. Sauf qu’on serait en train de causer une extinction majeure d’espèces. On n’est qu’une espèce, mais on est un événement majeur de l’histoire de la vie. Avec, pour l’instant, un impact assez négatif.

Dont acte. Certains prennent la défense de la planète. Des espèces en voie de disparition. De fait, la Terre n’est qu’une boule de roche perdue dans l’espace… Qu’on soit là ou non, elle n’en a cure. De fait, la vie a connu cinq extinctions majeures avant nous, et s’en sortira très bien quand on disparaîtra.

Si vous vous êtes arrêté là dans votre réflexion, je vous propose un plan d’action très simple :

  1. Réunissez le plus de monde possible, formez un mouvement. Inutile de viser l’efficacité maximale, visez plutôt l’efficacité optimale. Dit autrement, quand ça devient difficile de recruter des gens, que ça prend trop de temps, vous êtes mûr pour passer à l’étape suivante.
  2. Refermez le groupe. Resserrez les liens au sein du mouvement, transformez-le en secte. Préparez vos fidèles à la dernière étape.
  3. Organisez le plus grand suicide collectif de l’Histoire. Ça fera tout ça de pollution en moins pour la planète.
  4. (optionnel) S’il y a des survivants, recommencez à l’étape qui vous semble préférable.

Non ? Ça n’est pas ce que vous pensiez ? Vous ne seriez pas un peu égoïste ? Pensez donc aux ours polaires !

Toujours pas ? Vous préférez les humains, en fait ? Tant mieux.

C’est parce qu’on est une espèce invasive qu’on aura finalement un bilan positif pour la vie. Oui, malgré une probable extinction majeure. Parce qu’à la fin, on va vers les étoiles.

Emportant la vie avec nous.

Publié le 30.11.2016. Lien permanent. Retourner en haut.

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