Aller au menu. Aller au contenu.

Nihil addendum
par al.jes

Qu’est-ce qu’un milliardaire ?

De manière usuelle, est milliardaire qui dispose d’un milliard ou plus d’une unité monétaire donnée. C’est bon, vous pouvez aller voir ailleurs.

Ou bien ? Après tout, même si cette définition reste techniquement valide, elle est d’un ennui… Quelqu’un qui a un gros paquet d’argent. Youpi ! #oupas

Bref. J’aimerais proposer une autre définition. Une qui fait davantage sens. Mais avant d’y arriver, j’aimerais vous exposer mon raisonnement. Tout commence par une question bête.

Mais, au fond, c’est quoi, l’argent ?

C’est bête, mais il n’est pas si facile d’y répondre… Est-ce que, l’argent, ce sont les pièces, les billets, la valeur contre laquelle j’échange des biens et des services ? Dans ce cas, un bout de papier ou une petite pièce d’un métal par ailleurs sans importance suffirait ? Ça se complique quand on considère le chiffre de notre compte en banque. Si je vous donnais un chiffre comme ça, ou sur un morceau de papier, vous considéreriez que c’est de l’argent ? Non, bien sûr.

Au fond, ce qui donne de la valeur à l’argent, ce sont les gens qui l’utilisent. L’argent n’a pas de valeur en soi, mais est une unité conventionnelle (et très pratique) pour échanger des biens ou services qui, eux, ont de la valeur. L’argent, c’est ce qui nous paie à manger, un logement, de quoi se déplacer. L’argent, c’est ce qui nous donne un filet de sécurité pour s’investir dans des projets personnels, pour entreprendre, pour partir à l’aventure. L’argent, c’est ce sur quoi tout le monde se met d’accord pour s’offrir des objets ou des expériences qui nous rendent heureux.

Jusqu’à un certain point.

Il peut arriver un moment où notre argent nous donne déjà le meilleur de tout. Les meilleurs voyages, les meilleurs restaurants, les meilleurs massages, les meilleurs véhicules, les meilleurs vêtements, les meilleurs domiciles, le meilleur accès aux meilleurs systèmes de santé… Au-delà vient la tentation de dépenser pour dépenser, de donner dans le tape-à-l’œil, sans que ça ne contribue à notre bonheur. Pire, ce comportement attire l’opprobre, aussi bien des moins aisés (la jalousie est un phénomène bien humain) que de leurs pairs (ça fait ‹ nouveau riche › et mauvais genre).

Je ne sais plus où j’avais vu ça, mais il me souvient que cette limite était évaluée à vingt mille dollars américains par mois. Le nombre est sujet à discussion, bien entendu, mais pas de manière significative. Faisons avec, voulez-vous.

Vingt mille dollars par mois. Ça fait (en arrondissant) un quart de million par an. Admettons une espérance de vie à cent ans (ce qui est tout à fait raisonnable puisque vous avez accès aux meilleurs systèmes de santé). Soustrayez donc votre âge de cent, divisez par quatre, et c’est le nombre de millions qu’il vous faut pour atteindre cette limite.

J’ai vingt-six ans. Dans mon cas, ça représente 18,5 millions de dollars. Pour un nouveau-né, il s’agit de 25 millions de dollars. Quand vous avez sécurisé cette somme, c’est bon, vous n’avez plus besoin d’accumuler d’argent. Ça ne contribuera plus à votre bonheur. Ça n’aura plus un impact positif sur votre vie.

Bien sûr, on peut vivre (et très bien) avec moins. Ce n’est qu’une limite. Une limite individuelle : ça ne fait pas sens d’accumuler plus si votre seul objectif est votre bonheur individuel. C’est pour cela que le faste dans lequel vivent certains nous paraît illusoire. Intuitivement, on a déjà intégré cette idée. Un milliard d’une unité monétaire donnée, ça ne fait pas sens.

Par delà cette limite, il reste néanmoins possible d’augmenter son bien-être, en… contribuant au bien-être des autres. Il peut s’agir de notre famille, de nos amis, ce ceux avec qui l’on travaille (collègues ou employés), de nos clients, voire d’illustres inconnus… Chacun a sa manière de contribuer, à son échelle. En offrant des cadeaux, avec quelques mots encourageants, en se rendant disponible, en facilitant la vie des autres…

Toujours est-il qu’au-delà d’une certaine limite, ce qui compte, ce n’est plus l’argent. Ce sont les gens.

D’où ma définition.

Un milliardaire est quelqu’un qui a un impact positif sur la vie d’un milliard (ou plus) d’individus.

Dès lors, tout change. Vouloir être milliardaire, ce n’est pas être cupide, égoïste, ou indifférent. Vouloir être milliardaire, c’est être en mission pour l’humanité. Vouloir être milliardaire, c’est vouer sa vie à améliorer la vie de gens à ce point au-delà du nombre de Dunbar que ça en devient absurde. Être milliardaire ne relève pas de la richesse matérielle, mais d’un état d’esprit, de la volonté profonde, sans cesse renouvelée, d’aider son prochain.

C’est pour ça que des gens comme Elon Musk, Jeff Bezos ou Mark Zuckerberg sont admirables. Parce qu’ils correspondent à cette définition nouvelle, méconnue, mais inconsciemment déjà acceptée du grand public, de ce qu’est un milliardaire. Ces gens améliorent nos vies.

Si c’est ça, un milliardaire, alors je veux en être un.

Publié le 03.12.2016. Lien permanent. Retourner en haut.

©2012 – al.jes, certains droits réservés
Réagissez ! Écrivez-moi : me @ aljes.me